Voici, réparties sur 3 pages, les 15 entrées du dictionnaire tirées de Journal (tome 1) de Witold Gombrowicz.
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cadavre | cosmos | deviner | fatigue | gombrowiczien | intérêt | montagnes
Quant à ceux qui se permettent de parler de moi sur un ton ennuyeux, pédant, doctrinal, ils se voient cruellement punis : leur bouche béante, je la remplis jusqu’à ras bord de mon cadavre.
+Une vie limitée. Locale. On vit de ce que le jour apporte. Personne ne regarde autour de soi, chacun regarde son propre sentier défiler sous ses pieds. Travail. Famille. Gestes. Vivre tant bien que mal... Concrètement.
C’est fatigant et attirant à la fois... Ah, j’aspire tellement à cette limitation ! J’en ai déjà assez du cosmos.
[...] Je prends note de ce désir en moi. Aujourd’hui, à Tandil.
+Personne ne saurait même deviner l’infini de ma désertion.
+Cette fatigue est loin de m’être particulière. Et c’est elle qui vous ôte de plus en plus toute envie d’échanger des idées avec quiconque. J’ai presque renoncé à écouter le contenu des paroles et me borne à écouter la manière dont elles sont énoncées.
+Je n’ai, moi, jamais signé de contrat stipulant livraison d’idées absolument inédites. Certaines idées flottant dans l’air que nous respirons ont su se nouer en moi en un sens spécifiquement gombrowiczien, unique et impossible à recréer : et ce sens, je le suis moi-même.
+Un de ces endroits qui, aperçus sur la carte d’un atlas, suscitent notre intérêt... pourquoi ? parce que totalement dépourvus d’intérêt... Non, bien sûr, personne n’y va jamais, qu’est-ce que ça peut bien être, Goya ? Notre doigt retombe sur un vocable de ce genre — hameau en Islande, bourgade d’Argentine — et l’envie d’y partir nous envahit...
+Ce que je reproche à Zbyszewski : sa vision des montagnes est plate.
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