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Dictionnaire

Voici, réparties sur 5 pages, les 30 dernières entrées insérées dans le dictionnaire.
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achever | affluent | artistiquée | beauté | casuistique | Dole | donnée

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achever

Ainsi j’ai tenu. C’est pourquoi la fin de Primo Levi me peine et m’agace – oui, le mot peut surprendre, il est sincère. L’idée que cet homme a survécu à la déportation, qu’il a écrit au moins un grand livre, Si c’est un homme, sans oublier La Trêve et Le Système périodique, et qu’il se jette dans l’escalier cinquante ans après… C’est comme si les bourreaux avaient réussi, malgré l’amour et malgré les livres. Leur main a traversé le temps pour achever la destruction, qui ne cesse pas. La fin de Primo Levi m’effraie.

Rithy Panh, L’élimination, Grasset, p. 35.  +
C.C., 02/02/12.Commenter.
affluent

Vu passer, dans une travée, un chat qui tenait dans sa gueule un oiseau plumé, un pigeonneau, sans doute, dérobé à la boucherie. Nous sommes vraiment entrés dans l’affluent society.

Pierre Bergounioux, « mardi 25 mai 2004 », Carnet de notes (2001-2010), Verdier, p. 485.  +

droit


D.F., 02/02/12.Commenter.
artistiquée

Ce qui m’intéresse dans la photo, c’est une forme de mémoire écrite de la vue. Mémoire écrite pour qui, sinon pour moi ? Et en cela, mes photos importent-elles ?

Photo liée à la jouissance de voir et à la capacité de capter cette jouissance, amoindrie certes, sauf si elle est construite, non pas artistiquée mais simplement écrite. J’ai très peu de photos de ce type. C’est de ce côté qu’il faudrait travailler.

Antoine Émaz, Cuisine, publie.net, p. 115.  +

historique, photo


C.C., 02/02/12.Commenter.
beauté

(Qu’est-ce que ce besoin que nous avons de beauté ? Un caractère acquis, un réflexe conditionné, une convention linguistique ? Et la beauté physique, en soi, qu’est-ce ? Un signe, un privilège, un don irrationnel du sort, comme – ici – la laideur, la difformité, la déficience ? Ou bien un modèle sans cesse changeant que nous forgeons, plus historique que naturel, une projection de nos valeurs et notre culture ?)

Italo Calvino, La journée d’un scrutateur, Seuil, p. 33.  +

bord, cyclope, fraise


C.C., 08/01/12.Commenter.
casuistique

Il se jetait alors dans une casuistique assez souple pour voir avec les yeux de l’adversaire ce qui l’avait d’abord indigné, puis revenir à ses critiques en les pesant plus froidement, et esquisser pour finir un jugement serein. Là encore, il agissait moins par esprit de tolérance et compréhension que par besoin de se sentir supérieur, capable d’envisager tout ce qui est pensable, y compris les idées de ses adversaires, capable d’opérer la synthèse et de discerner ici comme là les fins de l’Histoire – comme il doit convenir à un véritable esprit libéral.

Italo Calvino, La journée d’un scrutateur, Seuil, p. 40.  +

feuilletés


C.C., 08/01/12.Commenter.
Dole

Impressions de voyage. Le ciel, qui était gris, hivernal, sur Besançon, s’est éclairci en chemin. Il faisait clair, sur Paris. De là des sensations changeantes, tristes aussi longtemps que nous avons roulé sous la grisaille, par les faubourgs vieillots de Dole, de Dijon, cernés de boqueteaux, de friches, trompeuses lorsque la taie du ciel s’est défaite et qu’il m’a semblé, avec le soleil bas, que c’était le soir alors que la journée venait de commencer. Là-dessus, la stridulation acide, comme d’une guitare électrique, des roues, deux ou trois accords qui s’amplifiaient lorsque quelqu’un ouvrait les portes coulissantes en verre. Par instants, il me semblait déceler le fil d’une mélodie puis les portes se refermaient et c’est en sourdine que l’invisible guitariste poursuivait.

Pierre Bergounioux, « vendredi 23 novembre 2001 », Carnet de notes (2001-2010), Verdier, p. 158.  +

gibets, modestie, sauver


D.F., 19/01/12.Commenter.
donnée

La plupart du temps, celui qu’on cherche habite à côté. Ce fait ne saurait s’expliquer sans plus de façons, il faut d’abord l’accepter comme une donnée expérimentale. Il a des racines si profondes qu’on ne peut pas y mettre obstacle quand bien même on se donnerait pour tâche de le faire. Cela vient de ce qu’on ne sait rien de ce voisin cherché. On ne sait en effet ni qu’on le cherche ni qu’il habite à côté, et dans ce cas on peut être absolument sûr qu’il habite à côté. Rien n’empêche de connaître comme telle cette donnée de l’expérience générale, la connaître n’est pas le moins du monde gênant, même quand on s’impose de s’en souvenir exprès.

Franz Kafka, « La plupart du temps… », Œuvres complètes, tome 2, Gallimard, p. 526.  +

expérience, ravoir


D.F., 17/12/11.Commenter.

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